samedi 26 janvier 2008

Du pur bonheur !

Vendredi, 15h, je quitte l'aéroport en courant. Le ciel s'est dégagé il y a à peine 1h... il fait bon, je n'y croyais plus.
Je suis pressée de rentrer... Je quitte le parking et à la sortie du site, il y a sur le bas côté, un motard qui, tout en profitant de la douceur des rayons de ce soleil d'hiver, semble attendre quelqu'un.
C'est mon Spider Patate et c'est MOÂ qu'il attend... Il m'a proposé d'aller faire un ti tour de mob cet après midi. Je suis trop contente. Depuis ce matin, je trépigne d'impatience, je suis sûre que ça va être génial.

Arrivés à la maison, un petit café et hop, je met les chaussures les plus adéquates, j'enfile le blouson et les gants qu'il a amené pour moi.
Je n'ai pas peur de rouler, je n'ai pas peur de la vitesse, je n'ai pas peur d'avoir froid... d'ailleurs instinctivement, j'ai confiance en lui donc... je n'ai pas peur.
Par contre, c'est stupide, mais je redoute le moment où il va falloir monter sur cette moto. Oui, je sais, c'est ridicule, mais bon voilà, ça me travaille depuis 2 jours... comment je vais m'y prendre pour monter là dessus ??? Quelques explications sommaires et me voilà en train d
'escalader la selle... oh tiens, j'ai les rotules quasi au niveau du menton… euh... j'allais oublier de demander... comment je me tiens ? où ? à quoi ? Ah d'accord, penchée sur le pilote, les mains en appuis sur le réservoir... ça me paraît étrange, toutefois n'y connaissant rien, je m'exécute... c'est au bout de 200m et surtout au premier freinage que je comprendrais pourquoi ;-)
Sam nous prend en photo... je me déteste en photo, comme tout le monde, mais on peut lire dans mon regard que je suis trop méga super contente.

On démarre, je n'ai toujours pas peur mais je dois dire que je ne suis pas très à l'aise. En fait, comme je me pose toujours des milliards de questions à la minute, je stress de ne pas me comporter en bonne passagère et de gêner Fab. Et pi je glisse sans arrêt contre lui, si ça le gêne ? Et quand on tourne, je sais qu'il faut se pencher du même côté, mais si je le fais pas comme il faut, qu'est-ce qui va se passer ? et si j'étais trop lourde ????
On traverse le village, tout va bien, j'aime beaucoup. A un moment, on s'arrête au feu vers le collège. Quelques ados sont là, et ne nous quittent pas des yeux. Et là, dans ma tête, je me la pète grave ! mais seulement dans ma tête !!! J
A l'amorce de la grande ligne droite qui rejoint le village voisin, j'entends clairement gronder le moteur... à travers son rauque et ses vibrations, le R1 semble s'adresser à Fab ... c'est pas clair pour moi, mais je suis sûre qu'eux deux se comprennent ! ça devait ressembler à peu près à : "Mais qu’est-ce tu fous ? Envoie les watts et magne-toi !"... C'est ce qu'il a fait !!! Mes mains ne touchaient plus le réservoir... je me tenais désespérément à lui, en me disant qu'il avait peut-être oublié que j'étais là... et avec la certitude qu'avant l'arrivée je me serais envolée. Je me voyais déjà dans la position du drapeau... heureusement, la route n'est pas très longue, il a fallut ralentir... et freiner ! Ah le freinage... j'étais prévenue mais ça surprend quand même. Fab m'avait dit : tu feras attention, ça freine fort... ah oui ! en effet ! je m'écrase violemment contre lui. Mon ptit postérieur glisse sur la selle et vient se caler dans son dos... c'est là que j'ai saisi toute l'importance des mains posées sur le réservoir ! c'est ça ou je passe par dessus : pirouette, cacahuète !
Entrée dans Pusignan, un feu, on s'arrête. On se redresse, Fab pose sa main sur ma jambe gauche, se retourne, me regarde, interrogateur : "ça va ?". Je plante mes yeux dans son regard et j'acquiesce. "Oui, ça va !". Ses yeux me sourient et il me réponds : "c'est cool !". J'ai juste le temps de lui préciser que les virages vraiment penchés, par exemple dans les ronds points, ça me fais un peu flipper. Il me rassure et me lance naturellement : "détends toi et suis le mouvement." Le feu passe au vert, on redémarre. Je sais qu'en lui ayant répondu que ça allait, ça va le mettre à l'aise... j'aurais peut-être pas dû... car je sais aussi qu'il va certainement envoyer à nouveau les watts dès qu'il en aura l'occasion... et ça ne loupe pas !
Mais je me sens bien. Vraiment bien. Euh... sauf que là, y'a bien une ligne droite, mais au bout un virage... et on arrive un peu fort à mon sens... et je connais cette route par cœur et je sais qu'au bout du virage y'a un rond point ! J'en déduis que mes mains vont encore s'écraser sur le réservoir sollicitant mes poignets et les petits muscles cachés dans mes avants bras ! Vous avez déjà fait des pompes ? Mettez vous en position et restez statique en haut ; c’est pareil.
La balade se poursuit et nous allons tout droit en campagne... de moins en moins de circulation, de plus en plus de routes qui offrent généreusement à Spider Patate et à sa mob des occasions en or pour me faire quelques frayeurs. Mais c'est tout le contraire. Ce sont plutôt pour moi des instants où je me dope d'un concentré d’adrénaline et d’endorphine.
Très honnêtement, y'a 1 moment où j'ai eu peur. Mais vraie peur. Celle que l'on trouve à la page 773 du petit Larousse illustré de 1996 : phénomène psychologique à caractère affectif marqué, qui accompagne la prise de conscience d'un danger réel ou imaginé, d'une menace. C'est pas moi qui le dis, c'est le petit Larousse. Tous les mots sont justes. Phénomène, psychologique, à caractère affectif, danger réel ou imaginé, menace. Il y a même un son du genre "Naaaann" qui s'est échappé de ma bouche !
Ah oui, à un autre moment, Fab a voulu tester mon aptitude à rester zen... en proposant un tout piti piti wheeling ! j'ai dis non ! à plusieurs reprises... mais avec un ti air malicieux qui voulait dire : et pourquoi pas ! Quand il a insisté pour que j'accroche mes mains autour de sa taille et qu'il a ralenti... j'ai compris que je n'avais pas le choix ! il a mis les gaz en y ajoutant tout son savoir faire... et la roue avant s'est levée... même pas peur, c'était trop d'la balle !
En un mot comme en cent, c'était génial !
Après cette balade, je suis rentrée fracassée des bras, un peu aussi à la naissance des pec, avec une crampe sournoise dans la fesse gauche... mais HEUREUSE. J'avais l'impression d'avoir un de ces sourires niais qui s'affichent sur le visage quand on est sur un nuage...
J'ai très envie de recommencer. Je suis certaine qu'une petite virée sur les routes de l’Ain ou de l'Isère peut transformer rapidement un plaisir nouveau en passion quasi charnelle.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bah tu t'met a la moto toi !!